Prats-de-Mollo-La Preste, “Camí de la Retirada”



Prats-de-Mollo-La-Preste, comme d'autres dans le Haut Vallespir, est une ville de mémoire. Le 27 janvier 1939, et durant deux semaines, 100 000 réfugiés espagnols, hommes, femmes, enfants passeront le col d'Ares, dans la pluie et le froid pour échapper à la dictature de Franco. Les habitants de Prats-de-Mollo-La Preste les accueilleront avec bienveillance et humanité malgré leurs moyens insuffisants...

 



L'état français par crainte de débordement, enverra en nombre des gardes mobiles. Les autorités françaises ouvriront en urgence des camps de concentration, où les réfugiés seront parqués sous encadrement militaire, et dans des conditions d'hygiène déplorables. 
Dès le 29, des convois partiront en direction du camp de triage du Boulou. Le 13 février 1939, la frontière sera fermée, et gardée par les soldats nationalistes espagnols de Franco. Une nouvelle vague de froid arrivant, les arbres environnants les camps seront abattus afin de fournir du bois de chauffage.
Le 31 janvier 1939, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Albert Sarraut, se rendra à Prats de Mollo pour assister à cet exode humanitaire.

 



Le 16 mars, l’ordre d’évacuation des camps de Prats-de-Mollo est donné par le gouvernement français.
Les familles furent disloquées, en fonction des camps de triages, et tous ne sont pas repartis vers les camps de Rivesaltes, Argelès ou du Barcarès, 36 réfugiés sont à jamais enterrés dans la commune.

 



Le 22 Octobre 2002, une stèle au Col d’Ares fut inaugurée afin de commémorer  le passage de ces 100 000 réfugiés espagnols de 1939.
Cinq années plus tard, le  17 novembre 2007,  c'est le « CAMI DE LA RETIRADA » qui fut  inauguré.  Allant du Col d’Ares à Prats de Mollo, il symbolise le chemin emprunté lors de cet exode. Il fait l'objet de nombreuses randonnées.
L’association Prats endavant oeuvre à ce devoir de mémoire, en organisant des conférences,  des expositions, etc.…

http://www.prats-endavant.net/

 




Documentaire produit par Televisió de Catalunya (TV3).


Photo célèbre et émouvante, parue le 18 février 1939 dans la revue l’Illustration, devenue l’un des symboles emblématiques de la Retirada.

Au premier plan, Mariano Gracia, et sa fille Alicia.
Au second plan, Thomas Coll, un habitant de Prats-de-Mollo venu en aide aux réfugiés, tenant la main du jeune Amadéo, avec à ses côtés son grand frère Antonio.
À la suite d'un bombardement de Monzón (Province de Huesca) durant la guerre civile, Alicia et Amadéo furent tous deux amputés et leur maman décéda à l’hôpital de Lérida.
Amadéo Gracia Bamala du 27 au 30 novembre 2003, est revenu sur les lieux qui l'ont vu franchir la frontière. Il a rencontré Jean Coll, fils de Thomas Coll (décédé en 1947), qui lui avait tenu la main à son arrivée sur le chemin du Col d'Ares. Amadéo Gracia Bamala est décédé le 1er novembre 2019 à Alcalá de Henares ( à proximité de Madrid) où il vivait avec sa femme et ses deux enfants.